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En ce mois de février, une première grande étape de cette année 2022 en matière de gouvernance de l’Océan a pris place. Aux Ateliers des Capucins, une communauté d’acteurs engagés s’est réunie afin d’échanger sur leurs travaux et leurs attentes pour l’avenir. Rétrospective. 

Un évènement unique dédié à l’Océan

Il semble important de rappeler la dimension inédite d’un tel sommet. Bien que l’Océan commence progressivement à s’inscrire à l’agenda politique international, il est rare qu’il soit placé au rang de priorité. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Ocean As Common souhaite voir émerger à l’avenir une conférence internationale centrée sur ces enjeux, dont le One Ocean Summit semble être une première édition

Les fondateurs de l’appel portent leur plaidoyer

Dans ce contexte de haut niveau, les fondateurs d’Ocean As Common ont pu porter leur plaidoyer pour la reconnaissance de l’Océan comme un bien commun de l’humanité. A cela s’ajoute une double ambition. Celle tout d’abord, de soutenir la meilleure connaissance de ce trésor, et d’ainsi créer un groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution de l’Océan, à l’instar du GIEC, centré sur le climat. Enfin, la création d’une conférence des parties, traitant de la préservation de l’Océan en tant que tel. De plus, Catherine Chabaud s’est engagée à intégrer plus de bleu dans le Pacte Vert pour l’Europe, en faisant “souffler le vent du large sur toutes les institutions européennes et sur tous les Européens”. Elle était aux côtés de Françoise Gaill (chercheuse émérite au CNRS, vice-présidente de la Plateforme Océan & Climat), ainsi que d’Eudes Riblier et Jean Louis Fillon (Institut Français de la Mer). 

Pour une nouvelle gouvernance de l’Océan 

 

Sur cette photo, les initiateurs de l’appel : Eudes Riblier, Jean Louis Fillon, Françoise Gaill, et Catherine Chabaud, au micro. 

 

Du local au global

Les fondateurs ont représenté le programme, aux côtés de l’équipe opérationnelle. Nous avons ainsi pu constater la diffusion à grande échelle de cette notion de bien commun pour laquelle nous œuvrons depuis près de quatre ans. En outre, aux cours de différents ateliers, notamment sur la gestion des Aires Marines Protégées, il a été possible de voir converger les luttes. Nos programmes ReGeneration et Blue Print s’alignent avec les ambitions internationales. Cela nous offre la confirmation que ces actions locales trouvent une véritable résonance à l’internationale, permettant d’espérer un changement global, à la fois sur les enjeux de restauration des écosystèmes aquatiques, mais aussi sur ceux de sensibilisation du public.

Sur ce point, nous rejoignons la députée de Polynésie française, Maina Sage :

« On dit souvent que les Aires Marines Protégées sont fondées sur la nature. Dans le Pacifique, elles sont aussi fondées sur la culture. La population adhère plus facilement car c’est lié à notre patrimoine traditionnel ».

En liant ainsi ces enjeux et en faisant de la régénération une action à la fois collective et inclusive, nous assurons le succès des démarches entreprises. Ce sommet nous aura ainsi donner plus que jamais envie d’agir. Ce point s’applique à l’équipe opérationnelle, ainsi qu’à Catherine Chabaud, qui a annoncé qu’elle reprendrait la mer lors de la Route du Rhum 2022, à bord du Cigare Rouge, l’imoca de son premier Vendée Globe. (Vidéo)

L’équipe de pilotage, de gauche à droite : Céline Kahn, chargée du projet Blue Print, Marine Hamelin, responsable communication et sensibilisation, Lorenzo Arduino, coordinateur des actions. 

Les engagements de Brest, le bilan. 

Le sommet s’est conclu sur le segment de haut-niveau, réunissant à Brest des dizaines de chefs d’Etat venant du monde entier, ainsi que des représentants de l’Unesco, de l’UICN, de l’Union européenne, et bien d’autres. Parmi ces engagements, on peut noter que la France atteint les 33% d’aires marines protégées, avec un objectif de 4% de protection forte en 2022, afin de tendre vers les 10% recommandés. 84 pays s’engagent à atteindre cet objectif pour 2030. En amont de la négociation BBNJ sur la haute mer, l’UE et 14 pays tiers veulent en 2022 un accord opérationnel et mondial sur son utilisation durable et la protection de sa biodiversité.

En ce qui concerne la lutte contre les pollutions plastiques, la France a annoncé la fin de ses décharges littorales d’ici 10 ans. Cette décision prend place à quelques semaines de la Conférence de Nairobi (UNEP) laissant espérer un vrai traité pour la fin du plastique à usage unique, comme le réaffirmait Emmanuel Macron. Toujours à ce sujet, la Clean Oceans Initiative annonce d’ailleurs 4 milliards d’euros de financement d’ici 2025 pour réduire les pollutions plastiques en mer. Enfin, la Grèce, l’Italie, la Colombie, la Corée du Sud, la Ville de Paris et la Région maritime de Grèce-Centrale ont rejoint l’ »engagement mondial pour une nouvelle économie des plastiques ». L’Inde et la France ont engagé ensemble une initiative à visée multilatérale sur l’élimination de la pollution due au plastique à usage unique.

Du point de vue de la connaissance de l’Océan, l’Union européenne s’est engagée à se doter d’un jumeau numérique de l’Océan, tandis que l’Unesco s’engage à ce qu’au moins 80% des fonds marins soient cartographiés d’ici 2030, dans le cadre de sa Ocean Decade. 

Sur la question des émissions de gaz à effets de serre, 22 armateurs européens se sont engagés dans le nouveau label « Green Marine Europe », et 11 grands ports se sont engagés pour accélérer la fourniture d’électricité aux navires en escale. L’ensemble de la Méditerranée deviendrait une zone à faibles émissions de soufre au 1er janvier 2025, tandis que la France et la Colombie lancent une coalition internationale pour le carbone bleu.

Enfin, la France et le Costa Rica ont proposé d’organiser ensemble en 2024 la prochaine conférence des Nations unies sur l’Océan. D’ici là, nous nous rendrons à Lisbonne, afin d’observer ces engagements entrer en vigueur.

 

Les engagements complets
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